20 ans après Meech, une Fête nationale où l’on se souvient !
Jeudi 1 juillet 2010
Cette année, la fête nationale coïncidait avec le 20e anniversaire de la mort de l’accord du lac Meech. Voici mon discours prononcé à cette occasion dans les différentes fêtes de quartier de la circonscription Jeanne-Le Ber :
- Québécois, c’est aujourd’hui une journée de réjouissance. Comme chaque année, nous célébrons notre Nation. Et puisque notre devise est « Je me souviens » c’est toujours une bonne occasion de regarder notre passé, question de mieux se positionner pour notre avenir.
- Or, il y a 20 ans, le Québec vivait une de ses fêtes Nationales les plus fébriles de son histoire. En effet, le 23 juin 1990 marquait la mort de l’accord constitutionnel du Lac Meech. Déçus d’être ainsi rejetés par le Canada, les Québécois descendent massivement dans les rues pour affirmer sereinement et sans rancœur qu’ils forment assurément une Nation bien vivante.
- Reprenons donc, puisqu’il le faut bien, et entre autres pour le bénéfice des plus jeunes d’entre nous n’ayant pas vécu ce moment charnière de notre histoire, le véritable roman-feuilleton qui a mené au rejet de l’accord du Lac Meech.
- Le 17 avril 1982, le gouvernement fédéral de Pierre Elliot Trudeau se livre à un véritable coup de force contre le Québec : il procède au rapatriement unilatéral de la constitution canadienne en l’imposant au Québec, contre son gré. En guise de protestation, l’Assemblée Nationale mettra en berne le drapeau du Québec.
- En septembre 1984, Brian Mulroney devient premier ministre du Canada en promettant de réparer l’infamie de 1982 en réintégrant le Québec dans le Giron constitutionnel canadien « dans l’honneur et l’enthousiasme ».
- En 1987, trois ans plus tard donc, les premiers ministres du Canada et des provinces – réunis à la résidence du Lac Meech – s’entendent sur cinq engagements envers le Québec. De l’avis de tous, à commencer par le premier ministre du Québec de l’époque, Robert Bourassa, ces cinq conditions constituent le seuil minimal en dessous duquel le Québec ne peut tout simplement pas aller.
- L’accord promet ainsi au Québec :
O la reconnaissance qu’il forme une société distincte;
O un droit de veto sur des modifications constitutionnelles majeures;
o le droit de retrait avec pleine compensation financière de tout nouveau programme fédéral dans un domaine de compétence provinciale;
o une reconnaissance accrue des pouvoirs du Québec en immigration;
o et que trois des neuf juges de la cour suprême soient nommées par le Québec.
- Malheureusement, le 23 juin 1990 consacre la mort de l’accord, trois premiers ministres ayant renié leur signature au bas du document.
- Le constat est brutal : les conditions pourtant minimales posées par les Québécois sont fortement rejetées par les Canadiens.
- C’est dans ce contexte que le premier ministre du Québec d’alors, Robert Bourassa, prononce à l’Assemblée Nationale son discours le plus célèbre où il affirme et je le cite: « Le Canada anglais doit comprendre d’une façon très claire que, quoi qu’on dise et quoi qu’on fasse, le Québec est, aujourd’hui et pour toujours, une société distincte, libre et capable d’assumer son destin et son développement » - fin de la citation.
- Le chef de l’opposition d’alors, Jacques Parizeau, ajoutera : « Je dis à mon premier ministre: Je vous tends la main. Cherchons, cet automne, tous ensembles, une voie de l’avenir du Québec. » - fin de la citation.
- C’est pour cette raison que les Québécois seront si nombreux à célébrer leur fête Nationale cette année-là : lorsqu’ils traversent des coups durs, les Québécois savent se serrer les coudes, ils savent être solidaire et gardent confiance en l’avenir de leur Nation.
- Aujourd’hui, le Québec n’a toujours pas trouvé sa voie. Le Québec n’a toujours pas signé la constitution canadienne. Les Québécois hésitent encore sur leur avenir collectif.
- Bien sûr, ce n’est pas aujourd’hui que nous allons trancher cette question. Nous avons bien assez des 364 autres journées de l’année pour en débattre. Aujourd’hui est jour de fête. Aujourd’hui, il n’y ni souverainistes ni fédéralistes, ni gauche ni droite… il y a tout simplement des Québécois fier de leur passé et confiant en leur avenir.
- Mais aujourd’hui n’aurait tout simplement pas de sens si nous ne prenions pas à tout le moins quelques minutes pour réfléchir d’où nous venons et – surtout – où nous allons.
- Québécois, notre Nation est aujourd’hui en fêtes.
- Québécois, notre Nation célèbre aujourd’hui son passé.
- Québécois, notre Nation regarde aujourd’hui vers l’avenir.
- Québécois, notre Nation continue sa quête vers sa liberté.
- Québécois, bonne Fête Nationale!
- Et Vive le Québec!
























